Interview : le BIM – une approche collaborative et innovante pour la ZAC de Couëron (44)

 

Nous avons rencontré pour vous Patrick Moreuil, architecte chez Tetrarc à Nantes. Il nous parle du BIM (Building Information Model), cet outil informatique qui révolutionne la conception et la construction de vos futurs logements.

 

Le BIM est utilisé pour concevoir notre nouveau programme de Couëron, dans la ZAC de la Métairie. Vous êtes architecte du projet, pouvez-vous nous en parler ?

Il s’agit d’un projet de 20 logements, comprenant 14 maisons individuelles et 6 appartements intermédiaires. Nous avons une grande diversité de logements puisque nous allons du 2 au 5 pièces évolutifs. Ainsi le panel d’acquéreurs est très large.

Le projet architectural est composé de matériaux de façade et de toiture similaires, avec un bardage métallique qui se développera en toiture comme une sorte d’enveloppe. Les pignons seront traités en bois naturel et prolongés sur les espaces de vie par des grandes loggias donnant plein sud ou ouest. Les logements intermédiaires situés en rez-de-chaussée disposeront aussi d’un petit jardin, chaque parcelle étant proportionnelle à la taille du logement.

 

Ce sont là ses caractéristiques, mais ce qui fait sa particularité, c’est le mode constructif qui sera utilisé…

Dès la conception du projet, nous avons pensé au mode constructif et même au partenariat avec l’entreprise qui va réaliser ces logements. Concrètement, ils vont être réalisés en structure bois tridimensionnelle. Cela présente l’intérêt d’être assemblé et fini à 90% en atelier. L’ensemble de la structure, l’ensemble des finitions intérieures, les sols, les équipements (radiateurs, sanitaires…) seront déjà installés en usine, puis transportés en camion et assemblés sur site.

Ensuite, on viendra compléter et finir le projet en installant des « accessoires » : la toiture, les pergolas, et les terrasses. En gros, toute l’adaptation au sol. En termes de timing, pendant que les éléments sont assemblés en atelier, l’ensemble de la préparation du terrain – terrassement, fondations, réseaux – est réalisée in situ. Cette méthode permet d’abord de garantir une bonne exécution du montage en atelier, une meilleure qualité de finitions, et en même temps c’est un gain de temps grâce à une superposition de tâches qui, dans une opération classique, ne peuvent se faire que successivement.

 

En quoi ce mode de construction est lié au BIM ?

Ce mode de construction s’inscrit parfaitement dans une démarche BIM : on pourrait le résumer par un travail collaboratif. On a tendance à résumer le BIM à une maquette numérique. Elle n’est que le support commun à tous les intervenants, dans toute la chaine de la fabrication d’un logement, à savoir l’équipe de conception dans les bureaux d’études, et ensuite les réalisateurs, les entreprises qui vont construire. Dans une procédure classique, la maîtrise d’œuvre va concevoir le projet et réaliser une maquette commune qui sera renseignée par chaque spécialiste.

L’intérêt du BIM implique que les équipes du projet se rencontrent dès la conception. Ce travail révèle les contraintes de construction, ce qui nous permet d’aller très loin dans l’exécution de cette maquette : c’est un travail collaboratif. Cela veut dire se rencontrer toutes les semaines, collaborer, s’interroger, identifier les problèmes et essayer de les résoudre ensemble, et ceci dès le début du projet.

L’objectif est de faciliter le travail et diminuer les erreurs sur le chantier.

 

Quel est l’intérêt principal de recourir au BIM ?

Le BIM n’est pas une obligation. C’est un outil qui peut être très pertinent comme une usine à gaz. Il faut vraiment se poser la question dès le départ du projet : est-ce qu’on va réaliser ce projet en BIM ? C’est-à-dire qu’il faut aussi l’accord de chacun. Il faut que la maîtrise d’œuvre soit d’accord, il faut qu’elle soit structurée pour assumer cette méthode. La réussite du BIM nécessite que l’ensemble de la chaîne de production soit intéressé par la démarche.

Pour un promoteur comme le Groupe ARC, l’intérêt majeur du BIM est de garantir qualité et délais en limitant les erreurs d’exécution.

L’avantage également repose sur le fait de pouvoir offrir au propriétaire une maquette numérique de son logement sur simple clé USB. Ainsi les détails techniques et décoratifs de son appartement ou de sa maison sont facilement accessibles et identifiables rapidement.

 

Est-ce donc la technique – ou la technologie – qui influence le processus de commercialisation, le révolutionne même. On passe de l’achat sur plan à l’achat via la réalité virtuelle…

Grâce à la maquette numérique, le promoteur peut proposer quelque chose de plus interactif pour son client, avec une meilleure visualisation. On sort peu à peu de l’achat dit « sur plan ». On parlera bientôt d’achat d’espace, d’un bien déjà extrêmement défini. C’est effectivement un intérêt majeur.

Au moment où la profession s’empare de ce process, son but est de garantir la construction ; en limitant les risques, la mauvaise compréhension, l’oubli de détails, d’éviter de découvrir un problème insoluble sur le chantier entrainant des délais et des coûts supplémentaires.

L’objectif est d’augmenter la qualité du logement. C’est ce qu’il faut retenir.