Interview : Anthony Maillard – Bio-T-Full

 

Notre programme « Variations » à Saint-Herblain mettra à disposition des habitants une serre en toit terrasse et des jardins partagés en coeur d’ilot. Au-delà de ces installations, c’est une véritable démarche d’agriculture urbaine que nous souhaitons proposer aux futurs habitants. Pour l’animer, une association : BIO-T-FULL. Rencontre avec Anthony Maillard, son coordinateur.

 

Bonjour Anthony, pour commencer, c’est quoi BIO-T-FULL ?   

BIO-T-FULL, c’est une jeune association qui a été créée en 2015. Au départ, le projet c’était de mettre en place une micro-ferme urbaine dans la ville. Mais rapidement, nous avons recherché des partenariats avec des bailleurs sociaux et des promoteurs immobiliers pour développer des projets variés d’agriculture urbaine. Aujourd’hui, nos missions, c’est de mettre en place, sur des échelles différentes, des micro-écosystèmes et surtout de transmettre notre savoir pour rendre autonomes les habitants des résidences sur lesquelles nous intervenons. L’objectif, c’est donc de réintroduire la nature en ville, pas seulement pour le côté ornemental, mais surtout pour se reconnecter avec elle, pour renouer avec son côté nourricier et avec tout ce qu’elle peut apporter. Par extension, l’agriculture urbaine est aussi un outil au service du lien social. Elle est un prétexte à la rencontre et au tissage d’échanges inter-générationnels. Et tout cela va être l’objet de notre démarche sur « Variations ».

 

Qu’est-ce qui vous a attiré sur ce projet ?

D’abord, le Groupe ARC a été très attentif à nos attentes, tant en termes de besoins techniques que de temps. L’intérêt pour nous sur « Variations », c’est de pouvoir travailler en amont sur les préconisations techniques et de savoir qu’en face de nous, il y a des gens qui ont été capables d’entendre et de prendre en compte nos pré-requis et de faire évoluer la maîtrise d’œuvre et le projet en fonction. L’association BIO-T-FULL n’a pas été créée pour devenir la « caution verte » des projets immobiliers et le Groupe ARC a été ouvert à notre démarche et à notre philosophie depuis le début. Il y a cette notion d’accompagnement des usages dans la durée – accompagnement dégressif prévu sur 3 ans dans le cas présent – qui est importante pour nous et que tout le monde ne comprend pas. Nous avons besoin que ce projet s’inscrive dans la durée et ARC est très à l’écoute à ce sujet.

 

En quoi va consister votre approche ?

La première étape, ça va être la concertation avec les futurs habitants. On y accorde beaucoup d’importance. Il va s’agir de présenter le champ des possibles et d’être force de proposition. Nous avons à disposition, grâce à l’étendue des savoir-faire de nos partenaires, une grande diversité de propositions. En fonction des envies, nous allons pouvoir dessiner les grandes tendances des projets que nous allons pouvoir mettre en place. Rien n’est prédéfini et figé, nous allons nous adapter. L’objectif est d’inviter les habitants à être acteurs et qu’ils s’approprient le projet. Ça ne marchera pas si on impose les choses, on va plutôt aller chercher l’écoute et l’échange, et ce dès le début.

 

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ?

Nous aimerions que la démarche s’essaime et que l’agriculture urbaine gagne d’autres opérateurs et d’autres territoires, qui sont encore frileux quant à notre démarche. De manière plus pragmatique, il s’agit aussi de créer de l’emploi et de pérenniser l’activité de l’association. Mais quoiqu’il en soit, nous souhaitons rester sur le volet citoyen, dans cette optique d’éducation populaire. Nous continuerons donc à privilégier les projets qui nous laissent le temps d’installer des usages de manière durable et de faire les choses comme nous les concevons.

 

Pour vous rendre sur la page de l’association, c’est ici et pour découvrir notre programme suivez ce lien. Merci à Anthony pour sa participation.