Groupe ARC soutient Antoine Oulhen – Cap vers la Mini Transat 2019

 

Groupe ARC partage depuis toujours les valeurs du sport et aujourd’hui, c’est à travers le sponsoring d’un jeune marin, Antoine Oulhen, que la marque souhaite s’investir. Antoine, comme Groupe ARC, est breton et il est depuis la fin de l’année dernière en préparation pour la Mini Transat 2019, son objectif final.

 

Bonjour Antoine, tu viens de revenir de Szczecin en Pologne, pour ramener ton bateau construit là-bas. Dans quel état d’esprit es-tu en ce moment même ?

Je n’ai pas encore réalisé que c’était mon bateau. C’est un peu un rêve de gosse qui se réalise, c’est mon premier bateau. Et puis surtout je n’ai jamais navigué en Mini 6,50 (la longueur du bateau, en mètres). C’est une première étape super importante du projet qui est en train de se clore. Je suis stressé, je le disais, fatigué du trajet de retour vers l’Aber Wrac’h, pour vous donner une idée, le convoi faisait 20 mètres de long sur 3m de large, il a fallu près d’une semaine pour rentrer en Bretagne, de longues journées où la vigilance était primordiale.

 

Revenons sur ton parcours. Comment devient-on un marin aguerri, prêt à en découdre avec l’Atlantique en solitaire et sans assistance ?

Même si je suis originaire du Finistère Nord, de L’Aber Wrac’h pour être exact, je n’ai pas forcément le parcours « classique » du coureur au large d’aujourd’hui. J’ai fait de la voile légère quand j’étais enfant, mais j’ai surtout baigné, avec mes grands-pères, dans le milieu de la pêche. Entre 13 et 20 ans, j’ai même complètement arrêté de naviguer, préférant le bodyboard et le surf. Et puis j’ai repris au fur et à mesure à partir de mes 20 ans (Antoine en a 27 aujourd’hui). J’ai notamment fait partie de l’association AJD Bel Espoir, plus connue sous le nom de l’association du Père Jaouen, et j’ai aussi travaillé ces trois dernières au sein de l’association Éric Tabarly, sur Pen Duick et Pen Duick VI. Une belle école également.

 

Tu as commencé à préparer la Mini Transat 2019 depuis presque un an, quelles ont été les grandes étapes jusqu’ici ?

Il y a eu plusieurs étapes de franchies mais avant ça il a d’abord fallu faire le choix de partir sur ce projet. Je savais que ça allait être difficile car il s’agit de trouver des partenaires qui croient en votre projet et ce n’est pas toujours facile à vendre. Au-delà de ça, le premier cap à passer, ça a été l’achat du bateau, c’est-à-dire le paiement d’un acompte et donc les démarches de financement qui vont avec. J’ai décidé de mettre en place une cagnotte participative sur internet et grâce aux 200 contributeurs, j’ai pu commander mon bateau. Le fait que les gens répondent présents à cette cagnotte, ça a été un gros coup de pouce et aussi un gain psychologique. Ensuite, la deuxième étape, ça a été la recherche des premiers partenaires, dont Groupe ARC fait partie justement. Et c’est même le premier partenaire significatif du projet. Cet apport m’a permis de clore mon budget pour acheter des voiles, l’accastillage, etc… La troisième étape, c’est d’avoir trouvé des personnes à m’aider sur la technique – Philippe Foucher de la société Carrick Matelotage et deux amis issus des grandes écuries de courses qui m’aident sur les chantiers – et sur tout ce qui est communication et réseaux sociaux, j’ai quelqu’un qui m’accompagne – Manon Lusven – qui m’a rejoint il y a maintenant deux mois et qui prend la main au fur et à mesure sur toute cette partie et me décharge de cette tâche, même si je continuerai moi-même à écrire une bonne partie des publications à venir.

 

Ok, donc une vraie équipe, un bateau, quelles sont les autres grandes étapes à venir ?

Après l’arrivée du bateau, je vais réceptionner le mât. S’ensuit un chantier d’un mois où l’on va notamment revoir le plan de pont, c’est-à-dire la position des pièces d’accastillage suivant ma manière et ma philosophie de naviguer mais aussi pour rechercher la performance. Ensuite, il faudra poser l’électronique, partie pour laquelle je suis en recherche active de sponsors, notamment au niveau local, à L’Aber Wrac’h. Je précise que c’est ici, dans un hangar de l’association du Père Jaouen, que j’ai la chance de poser mon chantier. C’est d’abord là ou j’ai grandi et aussi là, dans cette association, que j’ai appris à naviguer.

L’étape d’après chantier, c’est évidemment de partir en entrainement dès que possible à partir du 20 octobre du côté de Lorient. Puis, tout l’hiver, ça va être prise en main du bateau, probablement un deuxième chantier de trois semaines à la fin janvier et à nouveau de l’entraînement jusque fin mars, période où ont lieu les premières courses qualificatives pour la Mini Transat.

 

Ta participation à la Mini Transat 2019 est-elle soumise à conditions ? 

Oui, effectivement. En ce qui concerne la classe bateau de séries à laquelle je souhaite participer, il faut avoir parcouru 1500 milles, soit environ 2800 km, en course. Et avant de participer à la première course en solitaire, chaque marin est obligé d’avoir effectué un trajet de 24h seul et sans assistance. Pour se qualifier à la Mini Transat, il faut également avoir réalisé, hors courses, 1000 milles (1850 km) en solitaire et sans escale, ce qui représente entre 6 et 10 jours de navigation.

 

Comment appréhendes-tu de naviguer en solitaire ?

Je suis à la fois tellement occupé par le chantier, la recherche de nouveaux partenaires, la communication, la technique, le budget et tout ce qui tourne autour de la gestion de ce qui est devenu une entreprise, que je n’ai pas le temps d’y penser et d’appréhender les courses. J’en oublie presque que c’est la finalité de tout ce travail. Et quand ça me vient à l’esprit, je me rassure avec les conseils de certains copains marins qui me disent que si on est bien en mer à plusieurs, on est bien en mer tour seul. Il y a quand même une appréhension de revenir sur l’eau en solitaire car c’est quand même plus éprouvant, d’autant plus que cela fait quelques temps que je n’ai pas navigué. J’ai d’ailleurs hâte d’y retourner. L’objectif de cet hiver, c’est donc de beaucoup être sur l’eau, d’apprendre à bien connaître mon bateau, sans brûler les étapes. C’est ce qui fera la différence en mer : le côté psychologique et la confiance en mon bateau.

 

Groupe ARC remercie Antoine pour avoir pris le temps de répondre à nos questions. Vous pouvez suivre l’avancée de son projet via sa page Facebook. Si vous souhaiter vous aussi le soutenir, toutes les informations sont disponibles sur son site internet.

Bien évidemment, nous ne manquerons pas de vous donner de ses nouvelles tout au long des mois à venir. On lui souhaite bon vent et surtout bonne mer ! À bientôt Antoine !