Groupe ARC, acteur de toutes les mixités

 

L’ADAPEI s’est donnée pour mission la défense des intérêts des personnes en situation de handicap mental et de leurs familles pour favoriser leur épanouissement et leur accès à une vie sociale la plus complète possible. Cette association, créée en 1961, gère aujourd’hui 62 établissements en Ille et Vilaine, le plus souvent en périphérie urbaine.

L’Adapei 35 cherchait de nouvelles solutions d’hébergement à la fois plus modernes et confortables.

Groupe ARC projetait de réaliser une résidence étudiante sur un foncier très bien placé au cœur de Rennes, rue d’Antrain. Forts d’une confiance mutuelle, ces deux protagonistes ont décidé de se lancer dans une aventure commune : la résidence « 61 Faubourg » rebaptisée « la Faïencerie » et ses 69 logements et espaces partagés ont été acquis en VEFA par l’Adapei 35. Pour les résidents en situation de handicap mental insérés dans le centre ville de Rennes, il s’agit aussi d’une aventure avec à la clé, une plus grande autonomie synonyme d’épanouissement.

 

Un an après la livraison, M. François Marie Dit Calais (directeur général de l’Adapei 35) dresse un premier bilan sur de projet :

 

Pouvez-vous nous présenter l’ADAPEI et rappeler l’historique de ce partenariat avec le Groupe ARC ?

 

L’ADAPEI accompagne des personnes en situation de handicap mental ou intellectuel. Nos administrateurs ont eu l’occasion de se mettre en contact avec les responsables du Groupe ARC lors d’une rencontre interinstitutionnelle et c’est là qu’est né ce projet de partenariat. Nous avions à l’origine une réflexion sur l’adaptation d’un dispositif plus inclusif, avec un soutien aux usagers tout en favorisant leur autonomie, ce qui n’est pas le cas dans les foyers, plus protecteurs. Nous avons donc pu amener certains malades sur un nouveau type d’environnement, suivant leur niveau de handicap et leur parcours. En effet, ce type de résidence ne correspond qu’à une partie de la population concernée puisque certains des usagers ont besoin d’une sécurisation accrue que l’on peut retrouver dans des établissements de type foyers. D’où cette prise en compte du parcours de chacun des locataires des appartements.

 

En quoi la résidence, justement, diffère d’un foyer ?

 

D’abord, je le disais, parce que les occupants sont locataires de leur appartement. Et parce qu’ils disposent d’espaces partagés de convivialité ou de jeu. Des espaces sportifs même : nous sommes actuellement en train d’aménager un espace musculation. Ils ont également à disposition des espaces de proximité et de soutien, où ils peuvent échanger avec les éducateurs présents sur place. Il s’agit donc de favoriser une certaine autonomie, pour les usagers qui en sont capables, tout en offrant un cadre rassurant pour eux et sécurisant pour leurs familles.

 

Quel bilan faites-vous de cette opération après presque une année d’exercice ?

 

Le bilan est plus que satisfaisant puisque nous avons relevé une progression de l’autonomie des usagers que nous n’avions même pas imaginée. C’est l’élément le plus marquant de notre point de vue. Les familles ont été agréablement surprises, même si l’autonomie proposée suscite quelques inquiétudes chez certains quant à la sécurité. De notre côté, il s’agit de les rassurer en répondant à leurs craintes et leurs attentes, autrement dit les accompagner eux aussi pour alléger le poids de ces angoisses, notamment en mettant en évidence la sécurisation des locaux et de leurs habitants.

De manière générale, c’est donc plus qu’une réussite. Seuls deux locataires ont préféré retourner en foyer. Les 69 appartements sont tous occupés et nous avons même une liste d’attente de 45 personnes, d’où un projet de réalisation de nouveaux locaux et d’un nouveau partenariat avec le Groupe ARC.

 

Oui, il s’agit du projet « Triskell » à Villejean. Vous pouvez nous en parler ?

 

Pour ce projet, que nous avons rebaptisé « Villejean », il s’agit de répondre à un autre enjeu majeur concernant l’accueil des enfants autistes en journée et de créer un internat pour les enfants en situation de handicap ainsi qu’un service d’intervention à domicile (SESSAD). En termes de financement, l’accompagnement des personnes en situation de handicap étant une responsabilité de l’État ou en tout cas de la puissance publique, nous recevons des subventions de l’Etat et du Département pour mener à bien ce projet et acquérir ces nouveaux locaux.

L’autre grand enjeu va être de former du personnel adapté aux besoins de cette population, qui nécessite de compétences et de pratiques très particulières, comme des analyses comportementales très spécifiques.

 

Revenons à la résidence de la Faïencerie. Elle va être inaugurée très prochainement ?

 

Oui. Le 17 novembre, les locataires, l’architecte du projet – Philippe Loyer, ainsi que les acteurs institutionnels et le Groupe ARC sont conviés pour l’inauguration officielle de la résidence. Il s’agit d’une part de remercier le Groupe ARC pour cette collaboration assez fine et pour sa bonne compréhension des attentes et des besoins des usagers. D’autre part, parce que c’est une première en France, il s’agit aussi de mettre en lumière le rôle du Département d’Ille-et-Vilaine, qui a accepté de financer un établissement qui n’était pas dans les nomenclatures et d’oser s’engager dans ce projet innovant. Cette inauguration est aussi l’occasion de souligner la compétence à la fois de l’administrateur et des salariés de l’association, sans qui ce projet n’aurait pu voir le jour.

 

Pour conclure et bien comprendre ces projets, que vous apporte la collaboration avec le Groupe ARC ?

 

Auparavant, nous étions aussi maître d’ouvrage et nous essayions de tout concevoir. En avançant dans le temps, nous avons eu besoin de nous concentrer sur notre activité propre, le médico-social, et avons fait appel à des professionnels du bâtiment pour concevoir nos résidences. On constate leur efficacité en tant qu’experts de la construction, notamment au niveau de la maîtrise des usages. La réussite de ce projet tient donc à l’écoute de la part du promoteur de nos besoins et de leur analyse. Nous sommes donc pleinement satisfaits de cette co-conception avec le Groupe ARC car nous savons que ce sont des établissements qui vont être plus durables dans le temps.